Se battre: la rage de s’en sortir.

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Se battre: la rage de s’en sortir.

Au sud de Lyon, la commune de Givors fut un berceau de la sidérurgie et de la métallurgie. Depuis les années 1970, un lent et inexorable processus de désindustrialisation frappe de plein fouet l’emploi local qui voit, les décennies suivantes, de nouvelles fermetures d’usines et d’entreprises comme Vmc ou Famer. Malgré les luttes et les résistances des ouvriers, la population active est sacrifiée au profit de la rentabilité.

C’est dans cette ville qu’a choisi de planter sa caméra le duo de réalisateurs Jean-Pierre Duret et Andréa Santana. Leur démarche consiste à rencontrer ceux qui restent sur le bord de la route. Sans voix-off ni aucun commentaires misérabilistes que les médias ont pour habitude de faire pour ce genre de sujet, l’entreprise de « Se battre » est au contraire une prise de parole de tous ceux qui luttent pour s’en sortir: ce sont des anciens ouvriers, des jeunes qui cherchent leur place dans le monde du travail, des sexagénaire dont on ne veut plus, d’anciens cadres, des familles roumaines…  Mais tout n’est pas noir, au contraire, dans ce film qui remet l’humain au cœur de la cité. Accompagnés de bénévoles et de structures AMAP qui insèrent les « cabossés de la vie » , des espoirs et des sourires pointent petit à petit.

Dans le plus grand respect de ces hommes et de ces femmes, jeunes et moins jeunes, le documentaire suit un quotidien en quête d’une solution. Que ce soit dans la recherche d’un emploi, dans l’accès à l’aide alimentaire, dans la débrouille et la solidarité, jamais le film n’ostracise ceux qui galèrent. Loin de la France « bling-bling » et des médias à l’analyse brouillonne et caricaturale sur les « pauvres » (catégorie fourre-tout), Jean-Pierre Duret et Andréa Santana prennent de la hauteur sur leur sujet et encouragent les dispositifs de solidarité comme le Secours Populaire ou les gestes altruistes de tout à chacun.

« Se battre » est un film-documentaire indispensable pour comprendre une France à deux vitesses qui installe, de façon insidieuse, un individualisme inquiétant.

 

Ci-dessus: le réalisateur de « Se battre », Jean-Pierre Duret lors d’un débat au cinéma Reflet Médicis à Paris

Ci-dessus: Jean-Pierre Duret, en plus d’être réalisateur de films documentaires, officie en tant qu’ingénieur du son sur une impressionnante filmographie de cinéastes. Il a reçu en 2014 le César du Meilleur son pour « Michael Kohlhaas »  d’Arnaud des Pallières.

Ci-dessus: le réalisateur Jean-Pierre Duret rencontre les spectateurs de son documentaire « Se battre ».

2014-03-14T16:37:26+00:00 14 mars 2014|

Un commentaire

  1. R. 14 mars 2014 à 15 h 01 min

    Bonjour,

    J’apprécie toujours le cinéma militant, et je suis curieux de voir ce qu’on peut dire autour de l’action de la « bagarre », surtout en cette période de « molassitude » ambiante.
    Du moins, c’est ce que l’affiche suggère.

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