Dans une province autonome de Chine, frontalière de la Corée du Sud, Gu-nam est chauffeur de taxi. Il s’endette au jeu et broie du noir depuis le départ de sa femme pour Séoul. Un parrain local, Myun, lui propose un contrat juteux: il doit passer la frontière et éliminer un homme. C’est l’occasion pour Gu-nam de retrouver sa femme…

Hong-jin Na nous avait épaté avec son premier opus, le haletant « The Chaser ». Cette fois-ci, le cinéaste virtuose mêle à son intrigue une réalité sociale coréenne méconnue des occidentaux: le racisme à l’égard des « Joseon-Jok », immigrés sino-coréens venus de la province de Yanbian. Notre héros débarque en Corée avec déjà un lourd fardeau à porter. Mais « The Murderer » est avant tout un brillant thriller, fait de courses poursuites (à pied, en voiture) et de tueries à l’arme blanche (pas d’armes à feu mais des couteaux, machettes et parfois même des os de viande…). Devant une police impuissante et ridicule, c’est une véritable guerre des gangs que va déclencher un simple chauffeur de taxi…

« The Murderer », entre thriller et humour noir, est un film efficace et stupéfiant, drôle et terrifiant à la fois. Avec un scénario tiré parfois par les cheveux, les 2h20 du film rythmées par quatre parties (« Le chauffeur de taxi », « le tueur », « le Joseon-Jok » et « the yellow sea ») passent à toute vitesse accompagnées par une superbe musique de Kenji Kawai.

Décidément, les coréens sont passés maître du thriller: on se souvient de « Memories of Murder », « A Bittersweet life » et plus récemment du terrifiant « J’ai rencontré le diable« . Le film de Hong-jin Na suit cette brillante lignée des dignes successeurs de Jean-Pierre Melville et Martin Scorsese.

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