Naples, années 1950. Parthenope naît au sein d’une famille de la bourgeoisie locale. Elle dormira dans un carrosse d’or venant de Versailles, assure un ami de la famille. Devenue jeune femme, tous les regards des hommes sur sa stupéfiante beauté se tournent vers elle. Son frère Raimondo (Daniele Rienzo) et leur ami d’enfance Sandrino (Dario Aita), seront peut-être les seuls à comprendre son sentiment de solitude.
Fresque napolitaine se déroulant sur plusieurs décennies, avec des excursions sur l’île de Capri, le nouveau film de Paolo Sorrentino, auteur de La grande bellezza (2013), subjugue par la beauté de ses images et la virtuosité de sa mise en scène. Le cinéaste fait de la sirène de la mythologie grecque, qui s’échouera dans la baie de Naples, une sublime jeune femme, Parthenope Di Sangro (Celeste Dalla Porta), partagée entre l’amour et la mort. Car l’héroïne de Parthenope, désenchantée, possède très tôt le sentiment de la finitude et la courte parenthèse enchantée que représente la jeunesse, plombée par le deuil.
Si Paolo Sorrentino n’évite pas les boursouflures, à l’image du personnage du Cardinal Tesorone (Peppe Lanzetta), partagé entre piété et luxure, ou de l’écrivain alcoolique John Cheever (Gary Oldman), il redonne vie à l’extravagance du cinéma fellinien et convoque une icône des années 1960, Stefania Sandrelli, qui joue Parthenope âgée. Révélée dans Séduite et abandonnée (Pietro Germi, 1964), l’actrice renvoie avec nostalgie à l’âge d’or du cinéma italien et fait écho à l’inexorable finitude de la jeunesse, un des thèmes récurrents du cinéaste de Silvio et les autres (2018).
La jeunesse perdue et l’amour impossible – l’inceste – rappellent un autre grand film du panthéon italien de Paolo Sorrentino, le trop méconnu Sandra (1965) de Luchino Visconti. Hommage à sa ville natale et aux maîtres transalpins du 7e art, Parthenope est l’œuvre sublime d’un cinéaste conscient de la fragilité de la beauté et de l’amour et y révèle Celeste Dalla Porta.
Laisser un commentaire