Durant l’été 1942, un groupe de jeunes résistants au régime nazi profite, au bord d’un lac, des quelques moments d’insouciance et d’amour. Parmi eux, Hans (Johannes Hegemann) et Hilde (Liv Lisa Fries), qui vont bientôt se rapprocher et, quelques mois plus tard, devenir mari et femme. Mais la Gestapo guette les activités clandestines de la bande d’amis…

Berlin, été 42 revient sur les jeunes membres du Rote Kapelle (l’Orchestre rouge), un réseau de résistants qui distribuait des tracts, collait des affiches hostiles au IIIe Reich ou envoyait des lettres et des messages radios aux familles de soldats de la Wehrmacht faits prisonniers en Union soviétique. Malgré la jeunesse des membres et leurs actions politiques, ils seront démasqués par la Gestapo, enfermés en prison et condamnés à mort. Hilde et Hans Coppi auront eu le temps de se marier; la jeune femme donnera naissance en prison à son fils, Hans Coppi Jr., devenu historien.

Le cinéaste Andreas Dresen multiplie dans Berlin, été 42 les allers-retours entre plusieurs temporalités: ce bel été 1942, au souvenir indélébile, et l’arrestation puis l’enfermement des jeunes gens, en attendant l’effroyable condamnation. En forme de puzzle, ce récit sec et cadencé jouit d’une fine reconstitution, les différents protagonistes et leurs psychologies étant peu à peu dévoilés.

Filmé du point de vue d’Hilde Coppi, la jeune femme, éprise de liberté et fidèle à ses idées jusqu’à la fin, fera preuve d’un courage inouï. A ce titre, son récit est semblable à celui de Sophie Scholl (1921-1943), qui avait fait l’objet d’un remarquable film en 2005, Sophie Scholl les derniers jours (Marc Rothemund) avec Julia Jentsch dans le rôle-titre.

Ici, c’est l’actrice Liv Lisa Fries, magistrale de bout en bout, qui donne corps et âme au destin tragique de cette héroïne dans un beau film maîtrisé, sobre et poignant.

Berlin, été 42 de Andreas Dresen avec Liv Lisa Fries.