En Iran, de nos jour. Un couple, la quarantaine, en instance de divorce. Mais les raisons de cette séparation ne sont nullement d’ordre affectif: la femme, Simin, souhaite quitter son pays, contrairement à son époux, Nader. Vivant séparé, avec la garde de sa fille pré adolescente, Nader voit un nouveau drame se nouer sous son toit: lors d’un conflit qui l’oppose à son employée, il violente cette dernière, qui décide de porter plainte…

C’est avec une belle aura que ce film nous arrive d’Iran, après un détour à Berlin où il a raflé l’Ours d’Or du meilleur film et les prix d’interprétations collectifs pour l’ensemble des acteurs. Et la découverte sur nos écrans de cette « Séparation » mérite les plus belles louanges. En effet, partant d’un postulat plutôt universel, à savoir une séparation d’un couple, le film creuse du côté sociétal, parfois allant jusqu’au fait divers, en mettant en situation des femmes (émancipées ou traditionnelles) et des hommes (notables ou défavorisés) dans un Téhéran où les classes sociales cohabitent à des années-lumières les unes des autres.

Avec de réelles trouvailles d’une mise en scène sobre dans des univers clos (un appartement, une salle d’audition, une voiture), Asghar Farhadi a construit une série de confrontation des classes. Il a cependant l’intelligence de nuancer ses personnages, dont chacun possède son passif, son histoire, ses raisons devant un drame collectif. Ses protagonistes sont incarnés par d’exceptionnels comédiens.

Définitivement le film coup de poing du moment, avec une magnifique scène finale: l’enfant du couple face au juge, incarnation d’une jeunesse qui décidera elle-même de son destin.