L’affiche du quatrième film de Sylvie Verheyde a de quoi intriguer les curieux venus de tous bords, qu’ils soient lecteurs, mélomanes ou cinéphiles (ou les trois à la fois!). Une adaptation d’Alfred de Musset, en langue anglaise, interprétée par Peter Doherty, l’enfant terrible du rock, et mise en scène par une réalisatrice de l’intime… Il y de quoi se laisser tenter par cette production française iconoclaste.

En 1836, Alfred de Musset publie son unique roman Confession d’un enfant du siècle, un an seulement après la fin de la liaison qu’il entretenait avec George Sand. On sent dans cette œuvre grave un héros, Octave, désabusé et mélancolique. La réalisatrice du très réussi « Stella », son précédant et attachant film sur l’enfance, s’est attelé avec intelligence à adapter l’itinéraire de ce jeune homme, pas encore tout à fait adulte, et rongé par « la maladie du siècle », celle de la difficulté de s’accomplir.

Le film scrute la part d’ombre de son protagoniste, qui oscille entre des amours orgiaques (dans de très belles scènes de débauches en des hôtels feutrés) et un amour véritable pour Brigitte (Charlotte Gainsbourg), une veuve de dix ans son aînée et retirée à la campagne.

Octave est un personnage sombre, comme le film de Sylvie Verheyde qui a choisi une réalisation sobre, sans flamboyance, avec une lumière tantôt hivernale tantôt à la lueur d’une bougie, le tout dans les paysages froids du pays de la Dombes et dans le département de l’Ain. A cet effet tournage s’est déroulé à Bourg-en-Bresse, Neuville-les-Dames, Journans, Pont de Vaux, Buellas, La Chapelle des Conches et Saint-Martin du Mont. La seule touche « pop » se trouve dans la partition musicale du groupe électro NousDeux The Band.

Porté par Peter Doherty, vraiment étonnant et excellent en dandy dépressif, la diaphane Charlotte Gainsbourg et August Diehl, « Confession d’un enfant du siècle » est un film rugueux et âpre qui a réussi un pari difficile en ces temps où il ne fait pas bon d’être triste et affirmer une mélancolie décomplexée. Coup de chapeau donc à ce film qui mêle littérature et cinéma avec finesse.

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