Axel Freed (James Caan) vient une nouvelle fois de perdre au jeu. Alors que ses dettes s’accumulent, ce brillant professeur de littérature n’arrive pas à décrocher. Cette fois, s’il ne parvient pas à trouver rapidement la somme de 44 000 dollars, ses débiteurs ne lui feront pas de cadeau. Axel tente, en compagnie de sa girl-friend Billy un ultime coup de poker dans un casino de Las Vegas.

La sortie sur les écrans du « Flambeur » – en anglais « The Gambler » – date de 1974. Quarante-cinq années plus tard, ce film adapté du « Joueur » de Dostoïevski n’a pas pris une ride. Réalisé par le cinéaste tchécoslovaque Karel Reisz, il ressort sur les écrans français grâce au distributeur Les Acacias  et rappelle l’importance d’un acteur alors au sommet de sa carrière, James Caan.

Le scénario de James Toback débute par la chute d’Axel, endetté jusqu’au cou, et que son salaire de 1500 dollars mensuels ne permet pas de rembourser ses pertes. Il se tourne alors vers la jolie Billy (Lauren Hutton), puis vers sa mère Naomie (Jacqueline Brooks) avec qui il se rend à la banque. Mais Axel a une conception très personnelle du jeu: il ne joue pas pour le risque de gagner, mais plutôt pour celui de perdre. Et toutes les formes de jeux lui permettent d’exprimer sa folle logique: les courses de chevaux et de lévriers, les matches de basket, la roulette et le poker…

Les spectateurs ont la chance de découvrir une oeuvre qui a sûrement inspiré Martin Scorsese pour l’immersion dans l’univers du jeu et celui de la pègre, notamment relaté dans son « Casino » (1995) et qui met en lumière les seconds couteaux du cinéma américain des années 1970-1990 dont Paul Sorvino et Burt Young. Dans « Le Flambeur », Karel Reisz plonge son protagoniste dans l’enfer du jeu, magnifié par la musique de Mahler, et le pousse jusqu’au bout de son vice et de lui-même La scène finale, stupéfiante de désespoir, fait d’Axel le martyre d’un système basé sur l’appât du gain.