Les Forbans de la nuit: il était une fois la pègre.

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Les Forbans de la nuit: il était une fois la pègre.

Restauré en 2K en projeté à nouveau dans les salles obscures, « Les Forbans de la nuit (Night and the city) » est bel et bien un des grands classiques du film noir. Le réalisateur Jules Dassin pose en 1950 le pied à Londres pour achever sa trilogie entamée quelques années plus tôt avec « La Cité sans voiles (The Naked City) » en 1948 et « Les Bas-fonds de Frisco (Thieves Highway) » en 1949. Si Jules Dassin se réfugie à Londres pour la Fox, c’est qu’il est accusé quelques mois plus tôt de maccarthisme par la fameuse « Liste noire »…

Adapté d’un roman de Gerald Kersh par le scénariste Joe Eisinger, « Les Forbans de la nuit » narre le chute vertigineuse et désespérée de Harry Fabian (Richard Widmark), un petit malfrat qui se rêvait caïd dans le milieu de la pègre. Dès les premiers plans – magistraux – dans un Londres nocturne et vide, Harry ne cesse de courir pour échapper à un règlement de compte certain. Combinard et rusé comme un singe, Harry est à l’affût du « gros coup » qui, il en est sûr, le rendra riche et respecté de ses pairs. En attendant, il est rabatteur au Silver Fox, un club tenu par Phil Nosseross (Francis L. Sullivan) et sa femme Helen (Googie Withers). Un soir, assistant à un combat de catch dont le monopole est dans les mains de Kristo (Herbert Lom), il tient son idée de génie: s’associer avec la légende de la lutte Gregorius (Stanilaus Zbyszko), qui n’est autre que le père de Kristo… Rien n’arrête ni ne raisonne Harry, pas même sa fiancée Mary (Gene Tierney), une chanteuse de cabaret qu’il dépouille de temps à autre…

Harry est l’antihéros par excellence: frimeur, cupide, arrogant, fier… en un mot minable. Pourtant, on ne peut que lui souhaiter d’échapper aux griffes de la pègre. Jules Dassin nous livre un homme toxique pour lui-même et les autres: « Tu me tues et tu te tues aussi » le met en garde la prophétique Mary. A un rythme à toute allure, avec une exceptionnelle partition musicale de Franz Waxman, le cinéaste opère des scènes et des plans d’une magnifique beauté: la scène de combat entre le vieux lutteur Gregorius et le catcheur l’Étrangleur, la course-poursuite dans l’usine, les docks sur les bords de la Tamise…

Haletant, passionnant et désespéré, « Les Forbans de la nuit » est une oeuvre que même le jour qui pointe à la fin du film ne rendra jamais aussi sombre.

2018-12-28T17:46:56+01:00 28 décembre 2018|

Un commentaire

  1. Jean-Charles 4 janvier 2019 à 17 h 09 min

    Damned! Quel film!
    C’est tout simplement génial!
    Il faut le voir sur grand écran tant l’image est belle.

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