Nymphomaniac 1: mélancolie d’une sex-addict.

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Nymphomaniac 1: mélancolie d’une sex-addict.

Le voici, enfin, le sulfureux film de Lars von Trier, l’enfant terrible du cinéma européen. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le bruit qui est fait autour de ce film, avec des scènes de pornographie, est assez disproportionné. On a vu des scènes de sexe plus crues (avec « L’Inconnu du Lac » en 2013) et plus glauques. Ce Volume 1 de « Nymphomaniac » met en scène Joe (Charlotte Gainsbourg et son visage plein d’hématomes) qui raconte sa « perversion » à celui qui la recueille, Seligman (Stellan Skarsgard). Joe est une jeune femme obsédée par le sexe dans tous ses états et raconte ses premières fois.

C’est l’inconnue Stacy Martin qui incarne la jeune post-adolescente. Après la découverte de sa sexualité lorsqu’elle est enfant, la petite fille, aimée de son poète de père (Christian Slater de retour) et détestée par sa « garce » de mère, grandit et devient un objet de désir pour les mâles. Les jeux de séduction et de conquêtes vont vite devenir une drogue pour la jeune femme, qui vit entre morbidité et solitude. C’est ce que met en scène le film de Lars von Trier, à travers cinq chapitres plus ou moins réussis.

Les chapitres qui composent ce premier épisode, « censuré et non agréé » par le cinéaste, sont tour à tour fascinants (l’éveil à la sexualité), hilarants (le voyage en train), vaudevillesques (la femme trompée incarnée par Uma Thurman – méconnaissable) et ultra-morbides (le chapitre inutile à l’hôpital). Comme dans le sublime « Melancholia » , le réalisateur danois sait magnifier la nature et en extrait un parfum digne d’un tableau romantique. Il n’est pas dénué d’humour également dans les nombreuses scènes qui ponctuent ces confessions sexuelles.

Que retenir de ce portrait clinique et froid d’une sexualité peu ordinaire? Le cinéaste, certes, capte parfaitement le spectateur dans ce récit peu commun et très esthétique, mêlé de musiques aussi diverses que Rammstein (Führe mich) ou Tchaïkovsky.  Mais on reste un peu sur sa faim sur le propos du cinéaste, qui réussit tout de même à transmettre un désenchantement et une profonde mélancolie. Le Volume 2 est vivement attendu.

2014-01-10T10:16:41+00:00 4 janvier 2014|

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