Encore une « Jane Eyre », l’adaptation du livre-culte de Charlotte Brontë, penserez-vous? Oui et non. La dernière en date au cinéma était celle portée par le cinéaste Franco Zeffirelli. Le réalisateur italien avait livré en 1996 une version un peu palote malgré la prestance de Charlotte Gainsbourg et de William Hurt.

Plus de quinze après, Cary Fukunaga nous livre une belle œuvre romanesque et revendiquée comme telle: paysages à couper le souffle, atmosphère gothique et sombre, images léchées. Surtout, deux acteurs portent ce film qui se laisse regarder comme un roman qu’on n’a pas envie de raccrocher même si on devine la fin. Mia Wasikowska (touchante dans « Restless » de Gus Van Sant) est une très convaincante Jane Eyre: jolie mais pas trop, gentille mais ambigüe, passionnée mais freinée dans ses sentiments. Edward Rochester est quant à lui parfaitement et cyniquement incarné par Michael Fassbender, sorti de son personnage de Lacan dans le film de Cronenberg « A Dangerous method« .

Alors oui, quelques effets de styles empèsent « Jane Eyre » nottament la musique omniprésente de Dario Marianelli, mais le spectateur se laisse plonger dans l’atmosphère qui règne dans ce film, tourné dans le Derbyshire en Angleterre.