Michel, la cinquantaine et délégué syndical de la CGT, vient de subir un plan social dans son entreprise marseillaise. Un événement inattendu bouscule ses convictions politiques, acquises années après années.

Robert Guédiguian, après son incursion dans le film historique avec « L’Armée du Crime », sur la bande de l’Affiche Rouge de Manoukian, revient sur ses terres du Sud, de l’Estaque à Marseille plus précisément, avec son thème de prédilection: l’engagement politique. Et c’est à travers un conte, un vers de Victor Hugo, « Les Pauvres Gens », que le cinéaste livre une réflexion très intéressante sur les convictions politiques. Se sent-on encore prolétaire à cinquante ans, propriétaire d’une maison et mieux loti que la jeunesse actuelle?

Une multitude d’acteurs entourent le toujours excellent Jean-Pierre Daroussin (qui enchaine les rôles d’envergures, le dernier en date étant le radical « De Bon matin« . Les fidèles de Guédiguian sont bien là (Gérard Meylan, Ariane Ascaride) ainsi qu’une nouvelle génération droit sortie de son précédent film (Robinson Stévenin, l’excellent Grégoire Leprince-Ringuet). Vient s’ajouter la lumineuse Anaïs Demoustier en jeune mère paumée.

Certes, on peut reprocher aux « Neiges du Kilimandjaro » un côté naïf et simpliste, avec un scénario légèrement prévisible et cousu de fil blanc. Mais la sincérité de l’auteur, la troupe d’acteurs confirmés et la réflexion objective sur la classe ouvrière permettent au film d’élever le débat.