Si « le Christ s’est arrêté à Eboli », pour reprendre le titre du merveilleux film de Francesco Rosi, il n’a pas franchi Monamour, hameau perdu au fin fond de la Sibérie.

En cet automne finissant, un grand-père dévot élève son petit-fils dans sa maison isolée. Peu de visiteurs, outre un parent, gardent le contact avec cet attachant duo. Mais l’hiver approche, les vivres manquent, des loups et des pilleurs rôdent aux alentours…

Il ne faut pas s’attendre à un grand récit d’aventures tourné en Sibérie, mais plutôt à un film âpre et rugueux sur la difficile existence des quelques protagonistes vivant dans cette contrée lointaine, au demeurant magnifique. Effectivement, la nature éblouit la pellicule de toute sa beauté: les forêts, les rivières, les ciels, les loups, etc. Le réalisateur Slava Ross parvient même à capter dans sa pellicule de véritables tableaux vivants aussi bien lorsqu’il filme les extérieurs que les intérieurs. Il a trouvé dans ses interprètes de véritables figures d’un certain mal-être russe: un « papy » éprouvé, un militaire détruit, un cocu alcoolique et un touchant jeune garçon rempli d’espoir.

Il est indéniable que le cinéaste est doté d’une réelle maîtrise de sa caméra et que son montage, qui peut paraître parfois décousu, est ingénieux. Mais « Sibérie Monamour » aurait gagné en intensité à être allégé, à lorgner sur le travail de son génial compatriote qu’est Andrei Zviaguintsev avec « Le Retour » et « Le Bannissement« .

Sibérie Monamour reste un beau mais éprouvant film.

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