Amnesia, un film de Barbet Schroeder

Ibiza. Début des années 1990. une septuagénaire se lie d’amitié pour un jeune musicien allemand. Son passé de jeune femme dans l’Allemagne nazie revient comme une lame de fond.

C’est avec un beau sujet, qui rappelle celui du récent film de Christian Petzold « Phoenix » sur l’amnésie collective d’un peuple pour son histoire, que le grand cinéaste complice d’Eric Rohmer revient sur les écrans. Mais malgré un thème à la fois intimiste et universel, malgré une comédienne magnifique – Marthe Keller – et une sobre mise en scène; « Amnesia » s’engouffre dans un cinéma convenu. Où est passée la cruauté et l’ambiguïté de Barbet Schroeder? Où est passée l’énergie et l’efficacité de sa mise en scène?

Malgré tout, des moments troubles (la relation amoureuse entre le jeune et la vieille femme) et des renversement de rôles ponctuent intelligemment ce film sur la culpabilité collective d’une génération qui refuse de se tourner vers les heures troubles de son histoire.