Georges Franju, à qui l’on doit les célèbres « Yeux sans Visages » rend hommage dans Judex aux serials muets de son maître, Louis Feuillade. Cela se ressent dans le film (sorti en 1963, l’action se passe dans les années 1910, les années du muet et des Fantomas): l’intrigue n’est pas forcément la plus palpitante qu’il soit, mais la lente mise en scène et les fabuleux décors donnent une impression poétique et désuète. Il y a des moments de cinéma très forts, en particulier le bal costumé (les convives arborent des masques d’oiseaux), où Judex, sorte de Robin des Bois, s’introduit dans le château et exécute un numéro de prestidigitation avec des colombes… Sur une musique de Maurice Jarre (qui avait déjà mis en musique « Les Yeux sans Visage » ), « Judex » vaut par de superbes scènes, tant poétiques qu’esthétiques: des hommes vêtus de noirs qui escaladent un immeuble, deux femmes qui se poursuivent sur les toits de Paris, etc. Un beau parti pris de la part d’un cinéaste libre.

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