La Suisse, ses montagnes, ses stations de ski huppées… et sa vallée industrielle où vivent Simon (Kasey Mottet Klein) et sa sœur Louise (Léa Seydoux) dans un immeuble qui n’a rien d’un chalet de cartes postales. Livrés à eux-mêmes, c’est par la débrouille et la rapine qu’ils arrivent à subvenir à leurs besoins. Il n’y a qu’à se servir: la richesse est là-haut, sur les pistes de ski, où la bonne société est en villégiature…

La réalisatrice suisse Ursula Meier propose un autre regard sur le « tourisme blanc » des Alpes où coexistent les plus grands fortunes et la pauvreté. Elle pose une vraie question sur une industrie florissante et lucrative, mais qui laisse à la dérive certains enfants du pays. Rythmé par les incessants allers-retours en télécabine, pour accéder aux sommets enneigés, le film d’Ursula Meier n’a aucune prétention sociale: elle y décrit une histoire entre deux êtres qui cherchent, pour l’un une mère, pour l’autre une nouvelle vie.

Entouré d’acteurs de grands talents et de divers horizons (depuis le toujours excellent Jean-François Thévenin à Yann Trégouët, en passant par Gillian Anderson), Léa Seydoux et Kacey Mottet Klein crèvent l’écran. On connaissait la présence grandissante de Léa Seydoux, depuis « Belle Épine » en passant par « Les Adieux à la Reine« : elle trouve dans le rôle de Louise son rôle le plus poignant jusqu’à présent. Le jeune acteur Kacey Mottet Klein est stupéfiant, après « Home » et « Gainsbourg, vie héroïque« .

Un beau film, fort et poignant.

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