Quelques heures de printemps: un face à face magistral.

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Quelques heures de printemps: un face à face magistral.

Il y a des films qui, par leur simplicité et leur dépouillement, transmettent une émotion intense et forte. C’est le cas du nouveau film de Stéphane Brizé qui trace un joli sillon dans le cinéma français après « Je ne suis pas là pour être aimé » et « Mademoiselle Chambon ». Ici, il est question d’un face à face forcé entre Alain (Vincent Lindon) et sa mère Yvette (Hélène Vincent): lui, la cinquantaine approchant, revient habiter chez sa mère, le temps de se refaire après un écart qui lui a coûté quelques mois de prison. Elle, habituée à vivre seule, ne supporte pas son fils colérique qui ressemble trop à son défunt mari. Alain tombe un jour sur un document qui va tout changer dans leur relation…

« Quelques heures de printemps », c’est d’abord une abrupte confrontation entre deux être qui ne se sont jamais parlé, jamais vraiment compris. Il y a dans ce quasi huis-clos une atmosphère pesante chère à Georges Simenon avec son grand roman désespéré « Le Chat », porté au cinéma par Pierre Granier-Deferre en 1971 (avec Jean Gabin et Simone Signoret). Stéphane Brizé utilise de longs plans-séquence pour décrire le quotidien du duo sous tension. Tout y est épuré, sans aucune fioriture. Tourné à Chalon-sur-Saône et dans la commune avoisinante de Ciel, seuls quelques éléments extérieurs viennent perturber l’enlisement du couple: le voisin Monsieur Lalouette (touchant Olivier Perrier) et la jolie Clémence (Emmanuelle Seigner).

Il y a aussi et surtout dans le film de Stéphane Brizé un douloureux thème d’actualité, qui va rapprocher la mère et son fils: le suicide assisté. Le cinéaste aborde la fin de vie avec pudeur et délicatesse, sans jugement. On attend le prochain film de Michael Haneke, intitulé « Amour », qui a une thématique apparentée.

Bouleversant, « Quelques heures de printemps » est magistralement interprété par Hélène Vincent (une prestation incroyable) et Vincent Lindon.

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2012-10-30T11:34:42+00:00 19 septembre 2012|

4 Commentaires

  1. claude guilhem 15 février 2017 à 11 h 21 min

    Vincent Lindon- Stéphane Brizé indissociables désormais, pour l’honneur du Cinéma Français !

  2. […] un cinéma brut et percutant comme il l’avait démontré avec son dernier « Quelques heures de printemps » avec une magnifique Hélène Vincent et un sensible Vincent […]

  3. Claude Guilhem 12 novembre 2013 à 12 h 52 min

    Si : » Quelques heures de printemps » n’avait pas été en compétiton aux César en même temps que « Amour », je pense que le prix aurait été attribué sans hésitation à Hélène Vincent !
    Voila une autre très grande actrice française dont le registre semble être sans limite.

  4. Rachid 25 septembre 2012 à 19 h 22 min

    Voilà un film que j’aimerais voir. J’espère qu’ils le joueront au Central de Puteaux !

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