Témoignage: « C’était en 1954. J’étais projectionniste. J’avais 14 ans. »

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Témoignage: « C’était en 1954. J’étais projectionniste. J’avais 14 ans. »

Ci-dessus: à Valence, l’ancien cinéma Le Palace est aujourd’hui Le Navire.

Le virus du cinéma peut s’attraper de bonne heure. La preuve en est avec le témoignage d’Henri Vierne qui, au sein du cinéma familial de Bourg-les-Valence, a un faux air du petit Toto, le héros truculent du film de Giuseppe Tornatore « Cinema Paradiso ». C’est très jeune – à 14 ans – que le petit garçon de la commune drômoise va grimper dans la cabine d’où part le faisceau lumineux qui inonde l’écran et s’initier ainsi à l’art de la projection jusqu’à l’âge adulte et à son retour de la guerre d’Algérie.

La technologie a bien entendu évolué ces dernières décennies. Le cinéma qu’a connut la jeunesse qui fréquentait les salles dans les années 1950-1960 n’est plus forcément le même. Mais les émotions restent intactes pour notre témoin du jour, Henri Vierne, tout comme sa passion pour le 7ème Art.

INTERVIEW AVEC HENRI VIERNE, PROJECTIONNISTE A 14 ANS ET PASSIONNÉ DE CINÉMA:

Comment devient-on projectionniste de cinéma… à 14 ans?!

Dans les années 1950, il y avait beaucoup de salles familiales. A Bourg-les-Valence où nous habitions, mon père s’occupait du bien-nommé Le Familia. J’ai commencé à l’aider à travers des petits boulots comme le nettoyage la salle après les trois séances hebdomadaires. A l’entracte, on vendait des confiseries (des caramels, des bonbons divers, des chocolats glacés et pas encore de pop-corns) et il fallait bien tenir la salle dans un bon état de propreté. En guise de compensation, je recevais chaque semaine un ticket de cinéma tamponné avec la mention « exonéré »…

Le dimanche après midi, j’allais naturellement au cinéma familial et, au lieu de rester dans la salle, j’allais dans la cabine de projection pour observer le projectionniste. Le personnel était bénévole et jeune. Au bout de quelques temps, le projectionniste du dimanche, qui avait une petite amie dans la salle, me laissa seul dans la cabine pour surveiller la projection! C’est ainsi qu’à 14 ans, je me suis retrouvé à faire partie de l’équipe du Familia et à m’occuper du matériel jusqu’à mon départ pour le service militaire.

Je me suis donc affairé au montage et au démontage du programme, au nettoyage du projecteur, à l’installation du cinémascope, au collage des affiches en façade, à la pose d’affiches dans les commerces de la ville, etc.

Quel équipement possédait ce petit cinéma de Bourg-les-Valence?

Le Familia était équipé d’un projecteur unique en 16m/m. Nous recevions les programmes qui comportaient une longue première partie constituée, soit d’un court métrage comique (les trois Stooges), soit de dessins animés: Tom et Jerry (des studios MGM), Popeye (chez Paramount), Woddy Wood Picker (chez Warner Bros.)… Suivaient les actualités cinématographiques (celles de Moviétone Fox, également les Actualités Françaises ou Pathé Journal), le film-annonce de la semaine suivante et quatre ou cinq publicités. Venait ensuite l’entracte et enfin le film de la semaine.

Le montage du programme consistait à rassembler toute la première partie sur une bobine de 600 mètres. En général, elle durait entre 30 et 35 minutes. Le film, qu’on recevait en deux bobines de 600 mètres était monté sur une seule bobine de 1200 mètres ou 1500 mètres en fonction de sa durée. 1200 mètres correspondait à une centaine de minutes de projection. A l’origine, on se servait d’une colle spéciale pour assembler les parties, mais j’ai trouvé plus facile d’utiliser du scotch ordinaire!

On oublie aujourd’hui que les projecteurs fonctionnaient au charbon !

Jusque dans les années 1960, la lumière nécessaire à la projection était obtenue par des lanternes à arc dans laquelle il n’y avait ni électrode ni bout de métal, mais deux cylindres composés de cuivre et de charbon, l’un positif, le second négatif. Dans ces deux cylindres circulait un courant continu alimenté par un redresseur dont le rôle était de transformer le courant alternatif du réseau en courant continu et d’abaisser la tension du courant, les arcs fonctionnant sous des tensions entre 25 et 50 volts. Le fonctionnement était relativement simple.

Après la mise en tension de la lanterne, on approchait les deux charbons et l’arc s’amorçait. Il fallait alors éloigner – mais très peu – les deux charbons pour qu’ils ne se collent pas l’un à l’autre et pour qu’ils produisent une flamme blanche. La lueur de cette flamme était renvoyée par un miroir sur la fenêtre de projection et sur la pellicule. Pendant toute la durée de la projection, la jonction des deux charbons devait être en permanence à la même distance du miroir. L’écartement des charbons devait rester identique pour avoir une bonne qualité de lumière sur l’écran.

Sur les lanternes professionnelles, l’avance des charbons qui s’usaient en brûlant était produite par un moteur. Quelquefois, il fallait intervenir à la main pour remettre la flamme à la bonne place ou diminuer voire augmenter l’espace entre les charbons. La position des charbons à l’intérieur de la lanterne était signalée par un renvoi à l’extérieur de celle-ci par un petit trou qui envoyait la lumière sur un petit miroir se reflétant sur un petit carré figurant sur la cheminée d’aspiration des gaz de combustion des charbons.

Au Familia de Bourg-les-Valence, le projecteur Hortson était doté à l’origine d’une lampe. Celle-ci n’était pas assez puissante vu la dimension de la salle. Un électricien local avait donc construit de toutes pièces une lanterne et un redresseur. L’avance des charbons se faisait à la main. Il fallait donc en permanence surveiller la projection pour que la lumière soit la plus parfaite possible et que la lanterne ne s’éteigne pas, les charbons étant trop éloignés l’un de l’autre. Je pense que ce type de lanterne devait être unique. Malheureusement, elle a disparu.

Dans ce petit cinéma paroissial de Bourg-les-Valence, quels films projetait-on? Y étiez-vous soumis à un avis approbateur ou pas?

A l’époque, les films n’étaient pas un produit de consommation comme aujourd’hui. La durée de vie d’un film et son exploitation en salle pouvait se prolonger sur plusieurs années. Dans notre cinéma familial, les films étaient destinés à tous les publics. Il y avait peu de censure mais dans les années 1950 que j’évoque, il y avait quand même quelques coupures même dans certaines salles commerciales.

Notre cinéma avait une vocation de salle de quartier mais nous n’avions pas la priorité sur les salles d’exclusivité. Je me souviens qu’en 1960, nous avions obtenu d’un petit distributeur un film qui n’était pas encore passé à Valence mais nous n’avons pu le projeter que quelques mois plus tard… J’y ai projeté « Manon de Sources » (la version réalisée par Marcel Pagnol), « Les Lettres de mon moulin », « L’Homme des vallées perdues », « Les Affameurs », « La Traversée de Paris », les trois premiers Don Camillo, « Blanche-Neige et les sept nains », « L’Eau vive », « Le Pont de la rivière Kwai », « les Hommes en blanc », « le Chevalier du roi », « les Chevaliers de la Table ronde » et beaucoup d’autres bien sûr.

Quelques années plus tard, vous aviez la responsabilité du cinéma de l’armée durant la guerre d’Algérie. Le cinéma faisait certainement oublier un quotidien difficile…

En Algérie, nous projetions des films surtout récréatifs comme « Le Dernier train de Gun Hill » ou « Samson et Dalila ». Lorsque je suis arrivé dans ce bataillon, un projectionniste était en poste. Son rôle consistait à effectuer des projections dans les trois fermes qui étaient alors occupées par ce bataillon. Ensuite, le bataillon a été regroupé en un seul lieu. C’est là que je me suis occupé durant quelques mois du cinéma de l’armée en effectuant des projections au mess des officiers et au local réservé à la troupe. Nous disposions de deux projecteurs portables 16 m/m, un Hortson et un Debrie.

Vous avez fréquenté – et vous fréquentez toujours – les cinémas de Valence et de sa région comme simple spectateur.

Je n’ai pas embrassé la profession de projectionniste après la guerre d’Algérie. Mais j’ai tout de même beaucoup fréquenté les salles de cinéma de Valence dans les années 1950 et 1960. Rien que sur l’agglomération de Valence il y avait huit cinémas! Six étaient équipés en 35m/m et deux en 16m/m. Toutes ces salles avaient des cabines double poste excepté le cinéma familial où j’étais projectionniste qui était, bien avant l’heure, en poste unique.

Chaque cinéma avait son propre journal d’actualités cinématographique: au cinéma Le Provence, une très belle salle avec balcon, les films en 35m/m puis en 35/70 m/m étaient précédés des actualités de la 20th Century Fox (Moviétone Fox). Au Palace, qui était la plus grande salle de l’époque (devenue le cinéma Le Navire), ce sont les actualités Gaumont qu’on voyait. Le Paris, qui s’est appelé l’Alhambra, était abonné aux actualités françaises. Le Mistral, qui fut le cinéma le plus récent de Valence, passaient les actualités Éclair Journal. Au Rex, un cinéma permanent de 12h à 24h, c’est Pathé Journal qui diffusait ses actualités. Le Chalet était une salle de quartier équipée en double poste 16m/m Hortson et les actualités Moviétone Fox étaient diffusées tout comme à l’ABC de Bourg-les-Valence, une salle de quartier 35m/m.

Le spectateur d’aujourd’hui a-t-il gagné au change en terme de confort et de qualité de la projection?

Il est certain que la qualité de projection s’est largement améliorée: les optiques ont évolué, le xénon a remplacé l’arc électrique, le son n’a rien à voir avec le mono voire le stéréo des années 1950-1960. Par contre, je ne suis personnellement pas convaincu par le numérique et encore moins par la 3D qui, selon moi, n’apporte rien si ce n’est des recettes supplémentaires au milieu du cinéma!

Dès les années 1970, lors de la transformation des salles uniques en complexes multisalles, le confort a été mis de côté et la qualité de la projection n’était pas des meilleures. J’ai vu des films sur des écrans pas plus grands qu’un mouchoir de poche, avec parfois des projections floues et décalées ainsi qu’un son abominable! Mais cela n’était pas étonnant: il n’y avait pratiquement plus personne pour surveiller la projection contrairement aux anciennes salles où le projectionniste était constamment présent puisque toutes les vingt minutes il fallait changer de projecteur.

Pour les cinémas de Valence, si je devais établir un classement sur la qualité de projection des salles en 35m/m (le 16 m/m est hors jeu bien que la qualité de la projection restait honorable) ce serait le suivant: Le Rex, Le Provence, Le Palace, Le Paris, Le Mistral et l’ABC.

Nostalgique du cinéma des années 1950-1960, je suis forcé de reconnaître que le confort des salles est également meilleur dans les multiplexes aujourd’hui.

Que représente pour vous le cinéma?

En tant que spectateur, le cinéma ce sont des films sans effets spéciaux comme on en voit trop souvent maintenant. Ce sont des films racontant une histoire qui ne nécessite pas de se creuser la cervelle pour savoir ce qu’a voulu faire ou dire le réalisateur!

Le cinéma, c’est aussi et surtout à mes yeux, une cabine de projection avec deux projecteurs équipés d’une lanterne à arc. Lors du changement de projecteur toutes les vingt minutes pendant le film ou à chaque fin de programme (documentaire, actualités, film-annonce et publicités), c’est là qu’on mesurait l’art du projectionniste!

J’accorde une telle importance à la technique qu’en 1996, j’ai décidé pour mon plaisir de passer un CAP de projectionniste. Juste histoire de me replonger quelques instants dans ce monde de la projection cinématographique, désormais révolu avec l’arrivée du numérique.

Copyright: Salles-cinema.com – Remerciement à M. Henri Vierne

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2017-11-16T15:14:46+00:00 18 janvier 2014|

18 Commentaires

  1. Jean-Pierre Rolland 29 avril 2015 à 13 h 45 min

    Les cinémas Chalet, Rex, Provence, Mistral et Paris étaient autrefois actifs sur Valence.

  2. Jacques Cagnieul 19 avril 2015 à 13 h 29 min

    Ah mon dieu.. j’avais oublié cet épisode .. mais pas tes émissions. Cela serait sympa si tu retrouves quelques choses de me le dire , je te donne mon mail au cas ou tu ne l’aurais pas j.cagnieul@bbox.fr J’ai tout ce qu’il faut pour récupérer les images ( du vhs à l’U-mastic Hi8 minidv dvcam.ect. et télécinéma en 8/S8 /16
    Je prépare ma soirée Rétro 60 du 24 avril au Lumière de l’Union, la 1ere partie grâce à Maurice et sa collection… et la Gaumont pour leur participation sous contrat …
    au plaisir de te lire.. amitiés

  3. Claude Guilhem 12 avril 2015 à 10 h 39 min

    Bonjour Jacques,
    Si je n’ai rien fait sur le « sensurround », je me souviens qu’en revanche j’avais réalisé une mini série pour le JT sur les multisalles et donc également les cabines du Gaumont. Tu apparaissais dans un épisode car je t’avais interviewé dans le hall, sur le nouveau rythme des séances, à coté d’une porte sur laquelle était un magnifique logotype du « G » marguerite. Nous devions logiquement être à la fin de l’automne 1975. On voyait dans la cabine mère les petits écrans de contrôle, le tout monté en musique.C’était l’époque des trois salles, nous étions loin des 15 actuelles !..( il se peut que j’ai quelque part, mais où? une VHS de cette diffusion.) Quarante ans déjà !
    Amicalement.

  4. jacques cagnieul 11 avril 2015 à 15 h 08 min

    merci Claude de tes réponses, effectivement je vais essayer de trouver a l INA
    j’aurais bien aimé avec quelques choses en films sur les cabines du Wilson , peut etre là aussi a l’INA.. a bientôt

  5. Claude Guilhem 12 mars 2015 à 18 h 10 min

    Tu as sans doute raison Anonyme, mais ce n’est pas moi qui ai réalisé ce reportage.
    Peut être qu’en demandant à l’ I.N.A. ?
    Le Gaumont-Wilson a également projeté deux autres films avec le procédé :
    – La bataille de Midway en 1976.
    – Rollercoaster en 1977.
    Les h-p. géants étaient placés sous l’écran et en fond de salle 1. Ils étaient alimentés par des amplis pouvant développer 1600 watts sur des fréquences comprises entre 17 et 120 Hz.
    Quant à l’IMAX c’est une autre question, mais prenez soin de vos oreilles…

  6. Anonyme 12 mars 2015 à 15 h 01 min

    Oui Claude les films avec effets Sensurround n’étais pas des plus recherchés..!!
    mais c’était nouveau, et les spectateurs ont été au rdv.. 3 films sont sortis je crois avec ce procédé..depuis avec les puissances du matériel qui équipent les salles on pourrait parfois arriver à ces sensations. ( d’ailleurs je trouve souvent que cela est trop fort.. )
    avec L’Imax à Labège cela déménage…!!!
    pour revenir à tes émissions.. penses tu que l’on puisse retrouver celle de l’installation des gros HPs ..? il me semble bien que ce reportage avait été réalisé…

  7. Claude Guilhem 12 mars 2015 à 10 h 11 min

    Non Jacques je n’ai pas de trace de l’éphémère « Sensurround »; simplement le souvenir de la première présentation à la presse un matin. C’est vrai il faisait trembler tout l’immeuble, mais il fallait bien cela car le film était nul ! Je me souviens qu’une consoeur était partie dès la première secousse parce qu’elle avait été victime du tremblement de terre d’Agadir en 1960 qui, disait elle, avait fait le même bruit…

  8. Jacques Cagnieul 23 février 2015 à 10 h 28 min

    Oui? tu réveilles mes souvenirs. L’affaire du format du film avait suscité pas mal de palabres avec le chef d’équipe. Je ne me rappelais pas du tête bêche du prélude. Je me souviens de l’effacement partiel, par moments, de la bande magnétique qui nous obligeait de shunter l’ensemble des pistes pour avoir la totalité des voies! Comme tu dis, c’était la fin du format! Après il y a eu le Sensurround: un sacré moment au Gaumont avec pas mal d’aventures liées aux voisins, à l’installation et aux réglages car les hauts-parleurs étaient des monstres à monter du rez de chaussée au 3ème étage lorsqu’il a fallu changer le film de salle tout en gardant le procédé. Je crois me rappeler que tu avais fait un reportage là-dessus. De nos jours, peu de gens se souviennent de cette exploitation. As-tu la vidéo de ce moment?
    Jacques.

  9. Claude Guilhem 20 février 2015 à 11 h 15 min

    Jacques,
    Une anecdote dont tu te souviendras forcément : le directeur J.D. ne comprenait pas pourquoi la projection de « La chute de l’Empire Romain » débordait sur le plafond. Il croyait que le ratio du 35 mm. Scope 2,35:1 était le même que celui du 70 mm. 2,20:1 !
    À ce moment, la » 3 « construite dans le prolongement du deuxième balcon de l’ancienne salle unique avait fait que, le nouvel écran était bien sûr plus étroit en hauteur, bref au format du cinémascope.. Quant au prélude musical il avait été collé tête bêche ( par la fin) ce qui était une épreuve pénible pour les spectateurs puisqu’on n’entendait que les harmoniques. Et ce n’était que le début d’une folle descente aux Enfers.
    Amicalement.

  10. J. Cagnieul 19 février 2015 à 19 h 22 min

    Merci Claude de m’avoir répondu. Oui, je n’ai pas parlé du Gaumont-Toulouse où je suis arrivée en 1972, c’était la fin de la salle unique… Après les premiers travaux 3 salles sortent de l’Empire de la Place Wilson, à cette époque nous passions encore le magazine sur le poste 1 de la grande salle (900 places) ainsi que tout le programme, mais 2 DP 70 mm étaient encore opérationnels. Le dernier film 70 mm fut la reprise de « La Chute de l’Empire Romain ». Cette salle avait un balcon, et il y avait 2 autres salles… Puis de nouveaux travaux eurent lieux avec l’ajout de 2 salles… Et le système de projection en poste double automatique fut généralisé… Et puis quelques années plus tard encore des modernisations on passe à 8 salles et GaumontRama et retour aux plateaux en cabines avec les nouveaux système de Cinémeccanica de plateaux automatiques (qui ne furent pas faciles à mettre au point; le chef de cabine pourrait en témoigner!) et puis encore des travaux… Et le grand multiplexe est arrivé… J’ai tiré ma révérence… Je suis maintenant du coté de la caméra et du montage avec mon association et prépare une soirée rétro ciné 1960.. A suivre…

  11. Claude Guilhem 14 février 2015 à 11 h 38 min

    Pardon j’ai répondu un peu rapidement, il est évident qu’il ne s’agit pas de salles toulousaines, mais le fait que mon père ait un temps travaillé à Valence, ainsi que les salles Rex et Paris qui existaient à Toulouse m’ont un peu embrouillé.

  12. Claude Guilhem 11 février 2015 à 16 h 37 min

    À l’attention de J-P. Rolland :
    Bonjour,
    Quand vous parlez des cinémas « le Rex » et « Le Paris » s’agit-il bien de ceux de Toulouse?
    Et si oui pouvez-vous nous en dire un peu plus…
    (mon étonnement vient de ce que je n’ai jamais connu de cinéma » Mistral « Chalet »ou bien « Provence » à Toulouse.)
    En toute sympathie.

  13. Claude Guilhem 9 février 2015 à 17 h 26 min

    Cher Jacques, quel plaisir de te retrouver sur ce site.
    Tu oublies de parler de ta carrière au Gaumont Wilson, et c’est bien dommage. Grâce à Pascal Cherrier qui me l’a signalé, j’ai vu ton documentaire vidéo sur You Tube consacré aux travaux du multiplexe dans les années 90. Quelle bonne idée d’avoir filmé cela, et d’expliquer le fonctionnement des premières cabines automatiques. Un vrai régal !
    À bientot j’espère.
    Amicalement

  14. J. Cagnieul 8 février 2015 à 19 h 14 min

    Message tous et pour Claude Guilhem.
    C’est par un hasard qui fait bien les choses que je tombe sur des propos de quelqu’un que je connais bien! Ravi de te lire! Malgré ma retraite de projectionniste, je garde un pied dans le passé et j’essaye de le faire revivre en organisant le 24 avril au ciné Le Lumière de l’Union une soirée ambiance « années 1960 » avec une première partie projetée en 35 mm puis le grand film en numérique (pas facile de trouver une copie correcte).

    Pour revenir à mon métier, j’ai débuté en 1960 au Kursaal de Gaillac dans le Tarn avec un double poste Nitch droite gauche avec lanterne charbon alternatif (les 2 charbons étant identiques, ce n’était pas facile pour maintenir la lumière car le point bougeait beaucoup malgré un aimant qui essayait de le stabiliser).

    Après, ce fut les Mip 14 et Mip 17 avec lanterne courant continu et redresseur a valves. Puis j’ai connu les lanternes Vigies avec le négatif tournant, ce qui amélioré la stabilité. Enfin, le xénon est arrivée dans les années 1970. Mais tout cela est bien loin!

  15. Jean-Pierre Rolland 17 janvier 2015 à 22 h 10 min

    J’ai travaillé au cinéma Le Chalet dans les années 1965 en compagnie de Monsieur Drogue. Son frère était opérateur au Cinéma Le Palace puis j’ai fait des remplacement d’opérateur aux cinémas Le Rex, Mistral, Provence et Le Paris dans les années 1971.

  16. Claude Guilhem 28 mars 2014 à 17 h 22 min

    Chers amis,

    Pardonnez cette familiarité, mais en vous lisant j’ai un peu l’impression de vous connaitre.

    J’ai grandi dans les plus belles salles de Toulouse où j’adorais avoir accès à tous les lieux « interdits au public ». Mon père est entré chez Gaumont à l’arrivée du parlant, il a travaillé à Valence, Lyon, Paris au Gaumont-Palace place Clichy ( le plus grand cinéma d’Europe), puis a terminé sa carrière à celui de Toulouse, où en sa qualité d’Assistant de direction il fut un temps logé. Et c’est précisément là que je suis né dans les coulisses en 1946 !

    Ensuite, une place de chef de cabine se libérant, il a repris car c’est ce qu’il aimait avant tout, son métier de projectionniste (on disait alors opérateur). Voilà pourquoi je suis moi aussi tellement nostalgique de cette époque et de sa technique. Il a quitté le Cinéma après l’abandon du 70 mm. juste avant l’arrivée de l’automatisation et des multisalles…

    Ma mère fut un temps caissière au Gallia, où j’adorais tirer de toutes mes jeunes forces sur le filin (on ne parle jamais de corde dans le spectacle) qui permettait d’ouvrir et de fermer le rideau, car à l’époque les salles étaient conçues merveilleusement comme des théâtres. Si cela vous plait je vous invite à regarder sur ce site : « Souvenirs d’un cinéphile toulousain« , vous y verrez de belles photos de lieux aujourd’hui disparus.

    Pour répondre à votre question, non je n’ai pas travaillé vraiment dans ces professions.

    Mais je suis devenu journaliste de radio et de télévision comme par hasard spécialisé dans le 7° Art … comme quoi quand on est mordu dès le berceau !

  17. Josyane Bessiere 7 février 2014 à 19 h 19 min

    Ma mère fut ouvreuse au cinéma « Le Chalet » dans les années 50. Je regardais parfois les films de la cabine de projection par une petite ouverture rectangulaire. Il y avait les informations, des films tristes : j’ai gardé le souvenir « du sacrifice d’une mère » parce que la fin était triste cependant belle, des 2 orphelines etc
    Avec elle j’ai vu aussi des films au Rex tel que « le Capitan » etc
    J’ai aussi le souvenir du rideau que l’on tirait, de l’odeur de la cabine ou il faisait chaud. De la salle en pente du « Chalet », des chocolats glacées : je mangeais ceux qui étaient cassées. Je regrette de n’avoir aucun souvenirs visuels, aucune photos.
    Claude Guilhem travaillait-il dans un cinéma comme ceux-ci à Valence ?
    Je suis avide de souvenirs de ces cinémas, si vous avez des « histoires » à partager je suis tout « yeux ».

  18. Claude Guilhem 18 janvier 2014 à 18 h 33 min

    Oui c’était cela aussi le cinéma… et çà pouvait faire vibrer . Ah les changements toutes les 17 à 20 minutes, en vous lisant Henri, j’ai encore l’odeur des pellicules et de l’huile des moteurs de projecteurs, et c’est émouvant.
    Merci de nous faire partager vos souvenirs, qui sont un peu les miens !

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