Adresse: 1, rue Caulaincourt à Paris (18ème arrondissement)
Nombre de salles: 1
Création: 1899. Reconstruction en 1931.
Fermeture définitive et destruction en 1973

Le mythique cinéma du boulevard de Clichy surnommé « le plus grand cinéma du monde » a laissé la place dans les années 1970 à un complexe hôtelier et commercial sans âme. Malgré les années, la pilule ne passe pas pour les amoureux du cinéma qui regrettent ce grand temple du cinéma.

Le bâtiment construit en 1899 n’est pas conçu pour une salle de cinéma, un art qui est né quatre ans auparavant et qui encore remisé dans les fêtes foraines.

En cette fin du XIXème siècle, les spectateurs qui poussent la porte du gigantesque hippodrome assistent alors à des spectacles équestres, à des matches de football, à des championnats de patinage à roulettes et même à un combat naval! L’hippodrome de la rue Caulaincourt peut accueillir près de 5000 spectateurs.

En août 1911, Léon Gaumont acquiert l’hippodrome et le transforme en une salle de cinéma. L’industriel et fondateur de la société à la marguerite voit le cinématographe en grand: le Gaumont-Palace peut accueillir 3400 spectateurs.

En 1931, la Gaumont inaugure un bâtiment en partie transformée et d’inspiration Art-Déco qui, avec ses 5000 fauteuils, est la fierté de la capitale puisqu’il est le plus grand cinéma d’Europe. Son écran avait en 1931 une surface de 200 m2. En 1954, sa superficie passe à 312 m2.

Ci-dessus: le cinéma Gaumont-Palace en 1926 avec à l’affiche « La Lettre écarlate » de Victor Sjöström avec Lillian Gish. Collection particulière.

Ci-dessus: le cinéma Gaumont-Palace en 1955 avec à l’affiche « Le Fils de Caroline chérie » de Jean Devaivre. Collection particulière.

Cinéma de tous les superlatifs, il est outrageusement rasé en 1973 dans une quasi indifférence. Il ne reste du Gaumont-Palace que des photos et des souvenirs, notamment ceux de l’écrivain Henry Miller dans « Jours tranquilles à Clichy » (1956):

« La Place Clichy était déserte, exceptée quelques bars qui restaient ouverts toute la nuit. La putain à la jambe de bois était toujours à son poste en face du Gaumont Palace; elle conservait une petite clientèle de fidèles qui la tenaient occupée. On mangea un morceau près de la place Pigalle, parmi une bande de rapaces du petit matin. »

En savoir plus:

« J’ai connu le Gaumont-Palace » par Claude Guilhem.

« Il était une fois le Gaumont-Palace » par Thierry Béné.

Ci-dessus: un programme du Gaumont-Palace.

Cinéma Gaumont Palace à Paris

Cinéma Gaumont Palace à Paris: la scène et l'écran.

Ci-dessus: un programme du Gaumont-Palace.

Cinéma Gaumont Palace à Paris

Ci-dessus: le Gaumont-Palace vers les années 1960-1970.

Ci-dessous: le Gaumont Palace en 1948. A l’affiche: « Blanc comme neige »de André Berthomieu avec Bourvil et Paulette Dubost.

Ci-dessus: un calendrier Gaumont de 1956.