Cinéma Capitole à Marseille

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Cinéma Capitole à Marseille

Adresse: 134 La Canebière à Marseille
Nombre de salles: 1 puis 8

La salle du Capitole est bâtie sur l’emplacement du Grand Casino, un ancien music-hall. C’est le 16 septembre 1926 que le lieu est définitivement consacré au cinématographe.

Ce grand cinéma de la Canebière, avec ses 1500 fauteuils, est la deuxième salle en France qui s’équipe d’une projection sonore avec en exclusivité sur Marseille le film de Robert Florey « La Route est belle » (1929).

Dans leur passionnant ouvrage « Marseille port du 7ème Art » (1995), Daniel Armogathe et Pierre Echinard évoquent la salle du Capitole: « Plus de 2000 places, moderne, confortable avec balcon et deux galeries, aux gradins aussi raides que le poulailler de l’Opéra, la salle est dotée d’une fosse d’orchestre et d’une imposante scène ».

Le Capitole, une salle de music-hall et de cinéma.

Au début des années 1930, le Capitole est intégré au circuit des Etablissements Braunberger-Richebé avec le Majestic.

C’est la salle des grandes exclusivités françaises et américaines avec beaucoup de double programmation comme cela se pratiquait avant-guerre.

Comme ses voisins l’Odéon et le Pathé-Palace, la salle accueille des opérettes et des revues marseillaises avec les vedettes de l’époque: Andrex, Reda Caire et Rellys entre autres.

Ces célébrités du music-hall sont à l’affiche la semaine entière et parfois plus longtemps comme « Li Sian Mai » , un énorme succès en 1940. En décembre de la même année, le Capitole programme le spectacle « C’est tout le midi » avec Raimu en tête d’affiche.

Non loin du Capitole, le Pathé-Palace de Marseille sort au même moment et en exclusivité mondiale « La Fille du puisatier » de Marcel Pagnol. Ce film ne sortira que le 23 avril 1941 au cinéma Madeleine à Paris.  

Les chanteurs se produisent également au Capitole comme Edith Piaf à partir du 6 juin 1940. Durant cette période de guerre les salles d’exclusivité de Marseille, située en zone libre, connaissent des difficultés à obtenir de nouveaux films.

Le Capitole, tout comme l’Odéon et le Pathé-Palace, vont alors se tourner vers les spectacles vivants.

Ci-dessus: la salle de 1500 fauteuils du Capitole.

Ci-dessus: la façade du Capitole avec une magnifique affiche peinte des « Dix Commandements ».

En 1943, le Capitole est réquisitionné comme Soldatenkino, une salle ouverte exclusivement aux militaires allemands. A la libération, la salle est utilisée par les troupes alliées.

Le cinéma rouvre au public le 1er mai 1946 et, durant la décennie suivante, il voit défiler sur son écran les plus grandes productions françaises et américaines parmi lesquelles « Sous le plus grand chapiteau du monde » et « Les Dix Commandements » de Cecil B. DeMille, « Si Versailles m’était conté » de Sacha Guitry, « Touchez pas au grisbi » de Jacques Becker.

L’UGC Capitole, un multiplexe de 8 salles.

Au début des années 70, le Capitole passe sous le giron d’UGC et programme les films similaires que la salle du Grand Rex parisien, dont les traditionnels films des productions de fin d’année des studios Disney.

Le 20 avril 1976, le Capitole, une des dernières salles mono-écran de Marseille, ferme pour rouvrir le 27 octobre de la même année transformée en un grand multisalles.

Avec ses huit salles et ses 2260 fauteuils, l’UGC Capitole l’un des grands complexes cinématographiques européen qui annonce les futurs multiplexes.

Mais le couperet tombe à la fin du mois de septembre 2007: l’UGC Capitole ferme définitivement ses portes. Le circuit UGC s’est ainsi définitivement retiré de Marseille.

Ci-dessus: le multisalles UGC Capitole de Marseille.

Ci-dessus: l’UGC Capitole à sa fermeture.

Remerciements: M. Thierry Béné.

Photos: collection particulière, La Cinématographie française, Le Film français.

2018-11-24T10:39:01+00:00 19 décembre 2017|

2 Commentaires

  1. Thierry 15 novembre 2018 à 19 h 31 min

    Merci à vous Gilbert pour ce témoignage. Le travail de personnes comme vous nous a fait rêver. Ces immenses panneaux peints suscitaient le désir: désir d’entrer dans la salle, de voir le film, mais aussi convoquaient toutes sortes de fantasmes de par ce qu’ils représentaient, mobilisaient en nous. Idem pour les publicités dans la presse… Ah, les pavés de presse du PETIT MARSEILLAIS!

  2. BONO Gilbert 17 octobre 2018 à 13 h 33 min

    Quelle nostalgie de revoir cette salle, je travaillais à l’époque chez Ciné Décor, et j’ai connu le directeur ou les directeurs de cette salle dans les années fin 70, Monsieur Castillo il me semble!
    Certains d’entre nous (souvent un seul décorateur plutôt), peignaient à la main les affiches des films sur des panneaux immenses qui étaient ensuite installés sur la façade, et je m’occupais de la publicité des sorties de la semaine dans les journaux, belle époque!

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