Adresse: 74 avenue de la Grande-Armée à Paris (XVIIème arrondissement)
Nombre de salles: 1

Le cinéma Maillot-Palace ouvre ses portes le vendredi 24 mars 1916, alors que la Grande Guerre bat son plein. Un bref encart dans le quotidien l’Intransigeant rappelle que le nouveau cinéma de l’avenue de la Grande-Armée possède « une administration totalement française » . Quant à la publicité, elle vante la salle de la porte Maillot en ces termes: « Dans ce nouvel établissement: spectacle parfait ». Le premier programme est composé de « Rigadin » de Georges Monca puis de « Bunks a peur des lions » produit par Pathé-Frères et enfin en exclusivité « Paillasse » de Ruggero Leoncavallo spécialement adapté par le maître.

La nouvelle salle de 800 fauteuils se trouve à proximité de la station de métropolitain Porte-Maillot « de telle sorte que le Tout-Paris peut s’y rendre avec facilité ». Le Petit Parisien du 22 mars 1915 évoque dans ses colonnes un « nouveau cinéma particulièrement élégant, vaste et luxueux » ainsi qu’un « orchestre, dirigé par le Maestro Vasseur et composé de musiciens d’élite ».

Quelques mois plus tôt, alors que le Maillot-Palace est en cours de construction, l’administrateur de la Société Cinérama Maillot-Palace M. Gabriel Kreuser publie dans la revue Ciné-Journal du 24 décembre 1915 une mise au point: « Voyant figurer dans la liste de souscription (au bénéfice des poilus) le cinéma Maillot-Palace, nous sommes obligés de vous faire remarquer que le cinéma Maillot-Palace n’existe quant à présent, qu’à l’état de construction. A la suite de la séance de la Chambre Syndicale du 24 novembre, nous avons écrit le 29 novembre à MM les Présidents que le Cinéma Maillot-Palace se fera un devoir de consacrer le total de la recette de la journée de son ouverture au bénéfice de la Journée du Poilu ».

Pour édifier ce nouvel établissement cinématographique, la direction du futur Maillot-Palace s’en remet à l’architecte Ernest Denis qui office à Paris, principalement dans le XIIIème arrondissement. En cette période de guerre, comme le souligne Shahram Abadie dans l’ouvrage « Architecture des salles obscures. Paris, 1907-1939 » publié par l’Association française de recherche sur l’histoire du cinéma, un architecte de quartier est généralement sollicité pour édifier les nouvelles constructions, y compris les salles de cinéma: « les commanditaires font appel à un architecte domicilié, construisant ou ayant construit des édifices dans le même arrondissement que son cinéma ». Tout en précisant qu’en 1915, « deux tiers des sociétés maître d’ouvrage engagent des architectes « étrangers » aux secteurs dans lesquels elles veulent construire ». Il en est ainsi pour le Maillot-Palace.

Ci-dessus: annonce de l’ouverture du cinéma Maillot-Palace dans le quotidien Le Gaulois daté du 31 mars 1916.

Ci-dessus: programme du Maillot-Palace le 15 juillet 1921 dans Comoedia. 

Comme l’indique Jean-Jacques Meusy dans son ouvrage « Paris-Palaces ou le temps des cinémas (1894-1918)« , le Maillot-Palace, repris entre-temps par M. Marcel Hure, est « un établissement moyen qui fait d’assez substantielles recettes, malgré sa situation excentrique et sa capacité relativement modeste ». La semaine du 15 juin 1916, le cinéma propose au programme en exclusivité le drame « La Citerne maudite » encadré par « Deux marquises », une pièce réaliste en trois parties. Figurent également au programme « Mentouilant correspondant de guerre », les actualités Pathé-Journal ainsi que les Actualités Militaires. Sûre d’elle, la direction assure qu’on « refusera du monde cette semaine au Maillot-Palace ».

Les grandes productions du cinéma muet à l’affiche du Maillot-Palace.

Une fois le Maillot-Palace lancé, la salle de quartier se définit bientôt comme un « cinéma mondain » et publie, comme la plupart des cinémas, un programme hebdomadaire vendu lors des séances. A l’affiche, on trouve des serials, ces films à épisodes en vogue sous l’ère du muet, et divers courts ou moyens métrages dans lesquels excellent les comiques Charlot ou Fatty – de son vrai nom Roscoe Arbuckle. Les dix épisodes de l’adaptation de « Vingt ans après » d’après Alexandre Dumas et réalisés par Henri Diamant-Berger tiennent l’affiche du Maillot-Palace dès le 22 décembre 1922. Le ciné-roman « Vidocq » de Jean Kemm, proposé en dix épisodes, est présenté à partir du 2 mars 1923 suivi, à partir du 17 avril 1915, du grand succès du muet réalisé par Cecil B. DeMille « Les Dix Commandements ». La première exclusivité de cette production Paramount, dont une nouvelle version parlante est réalisée en 1956 par le même cinéaste, a lieu quelques mois plus tôt le 18 décembre 1924 au théâtre Mogador transformé en salle de cinéma.

« Nitchevo » de Jacques de Baroncelli – qui réalise lui-même son propre remake parlant en 1936 – est à l’affiche du Maillot-Palace la semaine du 1er avril 1927. Il est bientôt suivi de « Napoléon », la fresque grandiose réalisée par Abel Gance, dont les trois films sortent la semaine des 12, 19 et 26 octobre 1928 dans dix salles parisiennes, y compris au Maillot-Palace, six mois après leur exclusivité dans la sublime salle du Gaumont-Palace. La semaine du 2 novembre 1928, le long-métrage de Charles Chaplin « Le Cirque » est au programmé suivi de « Ben-Hur » de Fred Niblo avec Ramón Novarro – sorti deux mois plus tôt au Gaumont-Palace – et de l’extraordinaire production de Cecil B. DeMille « Le Roi des Rois » le 21 décembre 1929.

L’ère du cinéma muet laisse bientôt la place au films sonores: la salle du Maillot-Palace s’équipe dès le mois de février 1931 de la nouvelle technologie permettant la projection de « films parlants 100% français ». Quelques mois plus tôt, dès le 25 janvier 1930, le cinéma de la Grande-Armée présente le premier film sonore « Le Chanteur de jazz » à la suite de l’Aubert-Palace qui l’exploite en exclusivité à Paris durant 46 semaines. Dans la première moitié des années 1930, la programmation du Maillot-Palace est constituée de films en « sortie générale », c’est-à-dire des productions qui quittent l’affichent des grandes salles d’exclusivité pour les salles de quartier.

Ci-dessus: double-programme au Maillot-Palace le 4 novembre 1932 avec « Les Lois de l’hospitalité » de et avec Buster Keaton et « Docteur Jekyll et M. Hyde » de Rouben Mamoulian. 

Ci-dessus: « Simone est comme ça » de Karl Anton au Maillot-Palace le 16 février 1934. 

Ainsi, chaque semaine, un nouveau film est à l’affiche du Maillot-Palace comme, entre autres, « La Ronde des heures » d’Alexandre Ryder le 8 mai 1931, « Mam’zelle Nitouche » de Marc Allégret avec Raimu le 21 janvier 1932, le film musical « Le Chemin du paradis » de Wilhelm Thiele et Max de Vaucorbeil le 29 juillet 1932, « L’Atlantide » de Georg Wilhelm Pabst avec Brigitte Helm et Pierre Blanchar le 25 novembre 1932, « King Kong » de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack avec la sensuelle Fay Wray le 23 mars 1934, « New York-Miami – It Happened One Night » de Frank Capra avec Clark Gable et Claudette Colbert le 26 juillet 1935, « L’Extravagant Mr Ruggles » de Leo McCarey avec Charles Laughton le 6 septembre 1935.

Dans son numéro du 31 janvier 1935, la revue Cinémonde annonce avec humour: « Un cinéma parisien le Maillot-Palace a baissé le prix de ses places. C’est très bien. Et l’on annonce ainsi « le Maillot baisse » s’agit-il de Maillots de bain? » La même semaine, la salle propose le burlesque « Les Sans-soucis » de George Marshall et Ray McCarey avec le duo comique Laurel et Hardy. Résolument salle de quartier, le Maillot-Palace affiche dans la deuxième partie des années 1930 un double programme: deux films d’affilée sont proposés au cours de la même séance pour le prix d’un seul billet. Ainsi, le 4 octobre 1935, le court-métrage musical « La Cucaracha » de Lloyd Corrigan accompagne « Napoléon Bonaparte » d’Abel Gance – qui n’est autre que la version sonore et remaniée de son « Napoléon ». Le 2 décembre 1938, « Ernest, le rebelle » de Christian-Jaque avec Fernandel partage l’affiche avec le film de Léo Joannon « Alerte en Méditerranée » avec Pierre Fresnay. Enfin, le 16 juin 1939, le film de Sacha Guitry « Remontons les Champs-Élysées » est programmé avec celui de Jean Boyer « Noix de coco » avec Michel Simon et Raimu.

Durant l’Occupation, « Le Juif Süss » au Maillot-Palace.

Alors que le conflit mondial éclate, le Maillot-Palace affiche depuis le 25 août 1939 le double programme « Nostalgie » de Victor Tourjanski avec Harry Baur et « Paradis volé » de Andrew L. Stone. Durant la période de l’Occupation, la salle alterne une programmation composée de films français et de productions allemandes. Le double programme cesse avec la loi du 26 octobre 1940 qui le proscrit. Ainsi, le Maillot-Palace propose aux spectateurs du XVIIème arrondissement « La Neige sur les pas » d’André Berthomieu avec Pierre Blanchar le 30 décembre 1942, « La Fille du puisatier » de Marcel Pagnol avec Raimu, Fernandel et Josette Day le 17 février 1943 et « Le Comte de Monte-Cristo » de Robert Vernay avec Jean Marais à partir du 21 avril 1943 pour la première partie et du 28 avril pour la seconde. Suivent « Les Visiteurs du soir » de Marcel Carné avec Arletty et Jules Berry à l’affiche le 19 mai 1943 et la production UFA (Universum Film AG) « Le Démon de la danse » de Harald Braun avec Marika Rökk le 22 décembre 1943.

Ci-dessus: le film de propagande antisémite « Le Juif Süss » largement distribué en sortie générale la semaine du 19 juin 1941 après une exclusivité aux Gaumont-Palace et Colisée.

Le 7 octobre 1942, un attentat à la bombe a lieu dans la salle du Maillot-Palace où se tient une conférence animée par Pierre Thurotte, délégué national de la propagande du Parti Populaire Français (PPF). « Le problème juif » est le thème de ce colloque qui est accompagné de la projection du film « Le Juif Süss », le film de propagande antisémite produit par l’UFA. Réalisé par Veit Harlan, « Le Juif Süss » tient déjà l’affiche du Maillot-Palace quelques mois plus tôt, la semaine du 19 juin 1941, comme dans un très grand nombre de salles parisiennes: le Berthier, le Palais des Arts, le Palais d’Avron, le Danube, le Clignancourt, le Roxy, le Séverine, la Cigale, le Reuilly-Palace, le Tivoli, l’Idéal, le Pelleport, le Cinévog Saint-Lazare, le Myrha, le Royal Monceau, le Savoie, le Davout, le Secrétan, le Cyrano-Roquette, le Palais des Fêtes, le Saint-Paul, le Saint-Michel, le Gloria, le Cluny, le XXème Siècle et à Saint-Ouen l’Alhambra et à Levallois le Magic.

Dans l’immédiate période de l’après-guerre, la Société Nouvelle Maillot-Palace, dont le directeur est M. Cyrille Rivière, exploite le cinéma qui reste dédié aux films en sortie générale qui, après une exclusivité dans des salles prestigieuses, sont distribués sur les écrans des salles de quartier. Ainsi, on retrouve « Rendez-vous à Paris » de Gilles Grangier la semaine du 17 septembre 1947, « Pavillon noir » de Frank Borzage le 17 mars 1948, « Antoine et Antoinette » de Jacques Becker le 14 septembre 1949 ou bien « La Vie secrète de Walter Mitty » de Norman Z. McLeod le 5 avril 1950.

La salle propose trois séances en semaine à 14h, 16h30 et 21h, le dimanche étant permanent de 14h à 24h. Le Maillot-Palace s’associe bientôt à d’autres cinémas dans le plan de sortie générale de productions comme « Black Jack » de Julien Duvivier et José Antonio Nieves Conde la semaine du 27 février 1952 et « La Route Napoléon » de Jean Delannoy avec Pierre Fresnay le 17 mars 1954. Pour ce film, l’exclusivité débute plus tôt, du 14 octobre au 10 novembre 1953, dans les cinémas Colisée sur les Champs-Elysées, Marivaux sur les grands boulevards et Madeleine.

Le Maillot-Palace, un cinéma de quartier rénové.

En 1955, le propriétaire du Maillot-Palace M. Pelat profite de l’installation de l’écran panoramique pour rénover entièrement la salle durant le mois d’août dont les travaux sont dirigés par l’architecte spécialiste des cinémas Georges Peynet. La revue Le Film français commente la transformation du Maillot-Palace: « Une nouvelle rampe lumineuse a été créée, ainsi qu’un soffite dont les projecteurs encastrés éclairent un rideau à la romaine. Prenant la totalité de la largeur de la salle, ce rideau est couronné par un lambrequin décoré de franges. La salle a été habillée de satin de verre, ce dernier vient lui-même habiller des pilastres ioniques existant. Un plissé plat souligne l’architecture de ces derniers. Les soubassements ont été recouverts de moquette ainsi que le fond de la salle, des appliques verticales rythment chaque travée. Le plafond bleu nuit de cette salle a été conservé. Les couleurs de cette dernière sont : pour la romaine et le satin des murs, bois de rose, les soubassements sont rouge soutenu, la « mouluration » est de couleur paille ».

Ci-dessus: publicité corporative pour les travaux de rénovation effectués par Georges Peynet en 1955

Ci-dessus: la salle rénovée du Maillot-Palace en 1955

La programmation du Maillot-Palace se poursuit avec des œuvres en sortie générale, comme le western « Fort Bravo » réalisé par John Sturges le 4 avril 1955, « Sissi impératrice » d’Ernst Marischka le 22 novembre 1957, « Mirage de la vie » de Douglas Sirk avec Lana Turner le 30 décembre 1959 ou le film de Marcel Carné – précédemment sorti au Marignan – « Les Tricheurs » à l’affiche le 20 janvier 1960.

Suivent parmi tant d’autres « Orfeu negro » de Marcel Camus le 11 mai 1960, « Hatari ! » d’Howard Hawks avec John Wayne le 12 mars 1963, « Lawrence d’Arabie » de David Lean avec Peter O’Toole le 31 janvier 1964, « Goldfinger » de Guy Hamilton avec Sean Connery le 1 octobre 1965 et « La Mélodie du bonheur » de Robert Wise avec Julie Andrews le 11 mai 1966.

Au cours des années 1960, le Maillot-Palace est parfois inclus dans des combinaisons de seconde exclusivité puis d’exclusivité de films mineurs comme « Le Grand Bidule » de Raoul André le 21 juin 1967 ou, plus curieusement, associé à la prestigieuse combinaison du Paramount pour la sortie du western « Will Penny, le solitaire » de Tom Gries avec Charlton Heston le 17 janvier 1968.

Les salles de quartier comme le Maillot-Palace ne jouissent pas des films en première exclusivité contrairement aux grands cinémas parisiens mais permettent de poursuivre la carrière de grands succès commerciaux. Ces salles bénéficient toutefois d’une forte fréquentation grâce à une tarification largement moins coûteuse que dans les salles d’exclusivités. En 1947, il faut débourser de 30 à 60 francs pour un ticket au Maillot-Palace contre 57 à 104 francs au Gaumont-Palace et 57 à 114 francs au Pathé-Marignan sur les Champs-Elysées. En 1950, le billet est de 55 à 85 francs pour la salle de l’avenue de la Grande-Armée contre 150 à 225 francs pour celle du Gaumont-Palace et 160 à 200 francs pour celle du prestigieux Marignan. Puis en 1954, c’est entre 100 à 130 francs au Maillot-Palace contre 300 à 400 francs dans la salle de la place Clichy et 450 à 500 dans celles des Champs-Elysées. Enfin, en 1970 on achète 3,50 nouveaux francs sa place au Maillot-Palace contre 10 à 12,50 au Gaumont-Palace et 12 francs au Marignan-Concorde.

Ci-dessus: sortie générale dans les salles de quartier de « L’Avventura » Michelangelo Antonioni et de « La Source » d’Ingmar Bergman.

Ci-dessus: sortie générale dans les cinémas Bosquet, Victor-Hugo Pathé, Montrouge-Palace, Pax, Palace, Murat, Pacific, Royal-Passy, Delambre, Dejazet et Maillot-Palace des « 101 Dalmatiens » de Walt Disney.

Ci-dessus: l’oublié « L’Or des Césars » d’André de Toth avec Mylène Demongeot à l’affiche des cinémas Cluny-Ecoles, Cinéchoc, La Fauvette, Bataclan, Maine-Palace et Maillot-Palace.

Ci-dessus: le film à gags « Le Grand bidule » avec Francis Blanche en première exclusivité au Maillot-Palace ainsi que dans les salles de L’Avenue, La Royale, Le Capri, le Translux-Gobelins et Le Ritz. 

Ci-dessus: « Will Penny le solitaire » en première exclusivité au Maillot-Palace ainsi qu’au Paramount, au Cluny-Ecoles, au Lynx, au Clichy-Cinéma, au Fontainebleau et à l’Elysées-Cinéma

Le lent déclin d’une salle de quartier.

Au début des années 1970, une profonde mutation du parc des salles de cinéma a lieu: les salles vétustes et mal situées ferment au profit des cinémas « modernes et fonctionnels ». A ce phénomène s’ajoute la multiplication des écrans, qu’ils soient implantés dans les salles de quartiers ou en banlieue, qui obtiennent les films de première exclusivité. Une salle comme le Maillot-Palace rencontre des difficultés à programmer des films porteurs qui sont à l’affiche d’un grand nombre de salles parisiennes. Le Maillot-Palace se tourne alors vers une programmation de reprises comme « Un prêtre à marier » de Marco Vicario le 23 août 1972 ou bien « Les Baroudeurs » de Peter Collinson avec Charles Bronson et Tony Curtis. La salle propose également des festivals à l’instar de la programmation de tous les films de la série de « La Planète des singes ».

A bout de souffle et après soixante-quatre ans d’exploitation, le Maillot-Palace ferme ses portes le 31 janvier 1980. Les deux cinémas de l’avenue de la Grande-Armée, Le Napoléon et La Boîte à Films – l’ancien Studio Obligado – ainsi que le proche Acacias baissent également leurs rideaux au cours de cette décennie funeste pour les salles de quartier.

Remerciements: M. Thierry Béné.
Documents: La Cinématographie française, Le Film français, Le Film, France-Soir, Gallica-BnF.