Les Champs-Elysées, l’avenue des sorties parisiennes.

Alors que le cinéma Gaumont Ambassade, l’une des salles parisiennes emblématiques de la Gaumont, a définitivement fermé ses portes en juillet 2016, on peut aujourd’hui s’interroger sur la vocation cinématographique de l’avenue des Champs-Elysées.

La plus belle avenue de la capitale est largement imprégnée d’images du septième art: on garde tous en mémoire le couple Jean Seberg-Jean-Paul Belmondo déambulant sur la chaussée (numéros impairs) des Champs-Elysées dans le film de Jean-Luc Godard « A Bout de souffle » (1959).

A cette époque, une contre-allée permettait encore aux véhicules de se garer et les salles de cinéma étaient si nombreuses que l’avenue était l’une des artères parisiennes où se rendaient en masse les parisiens pour leurs sorties. Les boutiques et les restaurants étaient plutôt chics, sans être pour autant ostensibles, et le Drugstore était le rendez-vous de la jeunesse dorée qu’on appelait « les minets ».

Quelques dizaines d’années ont passé et le paysage des Champs-Elysées, comme la géographie et la sociologie parisienne, ont considérablement évolué.

Belmondo à l'affiche du Gaumont Ambassade

Les Champs-Elysées sont-ils encore l’avenue du cinéma?

Beaucoup de parisiens boudent aujourd’hui l’avenue des Champs-Elysées. Ce n’est plus sur la célèbre avenue qu’ils y dînent, y sortent ou encore se rendent au cinéma. D’autres pôles de la capitale attirent les parisiens, notamment Les Halles, le Cour Saint-Emilion ou encore la Bibliothèque François-Mitterrand.

Plusieurs raisons expliquent cette désaffection des parisiens: les Champs-Elysées sont devenus une vitrine sans âme des grandes marques de la mode. Elles attirent les touristes en masse mais pas forcément les habitants de Paris. Les restaurants sont majoritairement des chaînes de restauration aux cartes et aux menus souvent insipides. Enfin, la grande enseigne culturelle Virgin Megastore a disparu ainsi qu’un grand nombre de salles de cinéma. En définitive, on peut trouver ailleurs dans la capitale un prétexte de sortie…

Enfin, les loyers exorbitants ont donné le coup de grâce aux exploitants de salles de cinéma. Cela a suffi pour que les Champs-Elysées, malgré le festival du même nom, perde en quarante ans leur spécificité cinématographique. La liste ci-dessous, établie en 1976 grâce au Bellefaye, tend malheureusement à le confirmer.

Les salles de cinéma des Champs-Elysées en 1976.

Les dernières salles de cinéma des Champs-Elysées. 

On ne peut qu’être horrifié face aux nombreuses fermetures de salles sur les Champs-Elysées, surtout qu’elles sont remplacées par des commerces peu séduisants…

Aujourd’hui, seulement six complexes cinématographiques jalonnent l’avenue des Champs-Elysées:

La Gaumont a successivement fermé le Colisée, le Club Gaumont Publicis Matignon, le Gaumont Champs-Elysées et l’Ambassade. UGC n’est pas en reste puisque le réseau a vendu le Marbeuf, l’Ermitage, le Biarritz (réunion du Biarritz et du France Elysées) et le Triomphe.

On peut noter toutefois que l’ancien Cinéma des Champs-Elysées a été annexé à l’actuel UGC Normandie et que le Concorde et le Marignan ont fusionné pour donner l’actuel Gaumont Marignan (ancien Pathé Marignan-Concorde).

Non loin des Champs, quelques salles proposent une belle programmation: le récent Mk2 Grand-Palais, l’historique Club de l’Etoile et le charmant Mac-Mahon.

Cinéphiles de monde entier, réapproprions-nous l’avenue des Champs-Elysées, allons au cinéma!